EXPEDITION SCYLLIAS : CHASSEURS D'EPAVES ! Identification probable de l'épave du dragueur de mines allemand M 6 au large de Groix - Voir la rubrique ACTUALITÉ


EXPEDITION SCYLLIAS : CHASSEURS D'EPAVES !
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EXPEDITION SCYLLIAS : CHASSEURS D'EPAVES !

U 821, LE LOUP D'OUESSANT

Entrée en service Début 1944, les Allemands se doutent qu'un débarquement allié va se tenir tout prochainement en Europe. Le Großadmiral Dönitz va constituer une petite flottille de quelques sous-marins pour faire face à cette future invasion qui pourrait bien prendre place sur les rivages de France. Ce groupe, tenu en réserve, est baptisé Landwirt et basé à Brest.
Le 6 juin, le moment tant redouté est arrivé pour le groupe Landwirt : il faut monter au front ! Quinze U-Boote appareillent en deux groupes ; un premier constitué de huit sous-marins quitte le port à 21 h 00 puis, un peu plus tard, le second avec sept unités dont l’U 821. De ce second groupe, deux jours plus tard, il ne reste plus opérationnel que l’U821 ! Les six autres loups gris ont été attaqués constamment par des avions de lutte anti-sous-marine et des destroyers alliés. Certains ont été coulés, d’autres obligés de revenir à Brest, incapables de remplir leur mission après de nombreuses avaries.
L’U 821 reste posé sur le fond dans la journée, silencieux, et fait route en surface, la nuit. Le 10, peu après minuit, il émerge afin d'entamer sa navigation. Les servants de la Flak sont immédiatement à poste pour faire face à une éventuelle attaque aérienne. Celle-ci survient quinze minutes après quand un bombardier Liberator débouche de l'obscurité et largue trois bombes qui explosent très près du sous-marin en causant de sérieux dégâts, crevant notamment des réservoirs de gasoil. L’U 821 n’a d'autre options que rentrer sur Brest.

Photo : l'équipage au grand complet lors de la prise de fonction de son nouveau commandant, l'Oberleutnant z.S. Ulrich Knackfuß, le 1er janvier 1944, au sein de la 4.Uflottille d'entraînement de Stettin (Pologne).


La fuite de carburant rend le sous-marin facilement repérable. Bientôt, il subit les passes de grenadage d'un destroyer, sans doute guidé par un avion. S'il réussit à s’échapper, son assiette est très difficile à tenir et l’U-Boot émerge parfois brusquement sans prévenir. L’U 821 peine à se maintenir sous la surface, se traînant péniblement à un ou deux nœuds, cap sur Ouessant. Naviguer en immersion demeure impossible et l’U-821 est obligé de faire route en surface, servants de la Flak à leur poste. À 11 heures, quatre chasseurs bombardiers Mosquito du 248 Sqdn sont aperçus. Le submersible plonge mais refait surface spontanément au bout de quelques minutes, incapable de conserver son assiette. Repéré par les avions britanniques, il est immédiatement mitraillé et criblé d’obus perforants de 20 mm. Un gros bombardier B-24 Liberator du 206 Sqdn patrouillant dans la zone prend le relais et effectue deux attaques, larguant à chaque fois deux bombes. L’une d’elles touche l’U 821 et l’achève. L’U-Boot s'enfonce définitivement avec cinquante sous-mariniers. Un seul homme sera récupéré en vie, gravement blessé : le Bootsmannsmaat Friedrich Dietrich.
Au soir de ce 10 juin 1944, le Großadmiral Dönitz sait que la seconde vague du groupe Landwirt n’est plus qu’un souvenir et que l’avenir s’annonce très sombre pour les autres loups gris qui se dirigent vers la Manche...


DIFFICILE PLONGÉE

En 2018, l'Expédition Scyllias avait tenté de rendre visite à l'U 821 qui repose non loin d'Ouessant par 110 mètres de fond. Un seul équipier, Laurent Moysan, avait plongé mais une panne de détendeur survenue à 100 mètres l'avait obligé à renoncer près du but. Cette année, une nouvelle tentative s'est déroulée le jeudi 10 septembre et Laurent Moysan a pu filmer une partie de l'épave, seul, à la profondeur de 108 mètres.
Plongeant en circuit ouvert, il emportait avec lui différents mélanges gazeux tenant dans un bloc de 11 litres pour la descente et une partie de la remontée, un bi 2 x 18 litres pour l'exploration sur l'épave, et trois autres bouteilles de 7 litres avec des mélanges suroxygénés et de l'oxygène pur. Le poids de cet équipement tournait aux alentours des 70 kg ! Après 6 min de descente et 15 min au fond, de longs paliers de décompression l'attendaient durant 2 h 20.
À la suite de cette action, l'Expédition Scyllias a été contactée par l'Ubootfahrer, l'association des sous-mariniers allemands avec qui l'équipe bretonne entretient des relations privilégiées depuis la découverte de l'U 84 disparu en 1918 devant Saint-Guénolé. Les images vidéos réalisées sur l'épave de l'U 821 permettent de faire resurgir de l'oubli une page d'histoire maritime contemporaine méconnue.

L’Expédition Scyllias est à la recherche de mécènes et sponsors pour continuer son action de valorisation du patrimoine immergé.

Le Turmluck d'accès au kiosque Le périscope d'attaque À gauche : le Turmluck, sas d'accès sur le haut du kiosque.
À droite : le présicope d'attaque rétracté dans son puits.


Compresseur des TLT Panneau d'embarquement avant À gauche : un compresseur fixé sur les TLT avant. Il fournissait l'air comprimé pour chasser les torpilles.
À droite : le panneau avant d'embarquement des torpilles.


Bouteilles sur le pont avant Laurent de retour en surface À gauche : des bouteilles d'air comprimé étaient stockées sous les lames de bois du pont avant.
À droite : Laurent, de retour d'un voyage à nul autre pareil.

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